A la découverte de la sorcellerie

La Sorcellerie : les premiers pas

sorcellerie

Gros temps et mauvaise presse, souvent, pour la Sorcellerie…. Et pourtant : sans la Magie, point de pratiques occultes, sans la Nature point de sortilèges, de rituels, de potions, de philtres, phylactères, sorts ou talismans !

La Sorcellerie n’existerait pas sans la Magie. Elle est aux Hommes ce que l’Enfer oppose au Paradis : sa part de rébellion, son côté obscur ou sa zone d’ombre intime.

Selon les ethymologies diverses, on retrouve principalement : « sort » tiré du latin « sortis », par extension « tirage au sort », « consultation des dieux »

Les différents Aspects d’utilisation

Entremêlée de bien des interprétations contradictoires, le côté obscur de la Magie se base – toutes utilisations et connaissances confondues – sur la Quête de l’Homme pour satisfaire ou soulager ses angoisses ou ses envies, ses maux physiques ou psychiques ; elle utilise, grâce à ceux qui la pratiquent, des notions diverses alliant la divination et le pouvoir des Simples, l’herboristerie et ses recettes parfois dangereuses, très/trop efficaces si destinées à nuire, les sorts énoncés en secret ou invoqués en chœur quand la Lune est propice.

Bien avant qu’apparaissent le Christianisme ou les religions d’Etat, on imputa les pratiques occultes à qui pouvait intervenir sur la vie quotidienne : en bien, comme en mal !

banniere magie noire

Les niveaux de Sorcellerie

Nombre de pratiques très différentes sont reliées à loccultisme, toujours issues de la Magie, et appliquées selon les niveaux de connaissances ou de possibilités personnelles, l’usage qu’on en attend :

  1. la magie microcosmique qui traite de ce que le microcosme par son esprit propre et par les génies qui lui sont adjoints peut effectuer magiquement, c’est-à-dire par la science spirituelle, et comment il peut le faire : le sorcier doté de ce don agit alors par sa propre divination sans l’aide des éléments cosmiques.
  2. la magie olympique montrant de quelle façon l’homme est tour à tour actif et passif par rapport à l’influx olympique et demande des facultés reliées à l’hypnose et la soumission de la volonté du consultant
  3. La magie romaine ou sybilline qui enseigne l’emploi et l’action des esprits tutélaires auxquels sont distribuées les régions de l’Univers et d’où est issue la doctrine des Druides : des liens puissants avec l’Univers, la Nature sont alors indispensables pour s’attirer les bonnes grâces des esprits reliés entre Ciel et Terre.
  4. la magie pythagoricienne qui opère seulement sur les esprits auxquels est donnée la connaissance des arts : physique, médecine, mathématiques, alchimie et sciences analogues. Seuls, les sorciers de haut niveau peuvent prétendre à la pratiquer car elle demande une érudition approfondie en tous domaines, et peut faire de celui qui la conquiert, un sorcier redoutable et redouté, possédant en Un Grand Tout, connaissance et application, actions sur le mental et le physique, possibilité de guérir ou de nuire. La transmutation des métaux recherchée depuis l’Antiquité, et propre à faire jaillir de l’or pur du plomb et de l’antimoine, suscita bien des vocations chez les plus savants.
  5. la magie apollonienne relie étroitement les deux magies romaine et microcosmique ; elle a cependant ceci de particulier qu’elle exerce son pouvoir sur les esprits hostiles à l’homme. Le degré de sorcellerie pour la contrer exige une grande emprise sur soi-même et un degré relationnel puissant sur les forces du Bien comme du Mal.

Rétribution d’un acte d’occultisme

Ceux/Celles qui « savaient », officiaient avec prudence : jeteurs ou leveurs de sorts, guérisseurs, le quidam en peine s’adressait toujours à qui avait déjà exercé et remporté des succès constatés et racontés alentour. On le payait en nature – produits de la ferme ou animaux de la basse-cour – et pour les demandes des plus exigeants, avec recours aux pratiques plus radicales et extrêmes, on se délestait d’un peu/ beaucoup d’or ou d’argent, jamais de bijoux qui auraient pu le faire inculper et périr en tant que vagabond et voleur.

Pratiques occultes, art inné ou pratique enseignée ?

Souvent inculquée par un parent proche, d’une génération à l’autre on accumulait et transmettait les secrets inhérents à chaque Famille et toute forme de sortilèges – connaissance, don, recettes, élaborations de formules – hermétiquement sauvegardée, constituait un héritage parfois imposant et enviable pour le successeur formé.
Certains, néanmoins, naissent avec un don spécifique – divination, relation innée à l’Occulte – que l’entourage prédisposera à développer ou utilisera en complément des acquis transmis.

Les pratiques occultes face au Christianisme

Tolérée, interdite, ou sévèrement réprimée quelle que soit l’Epoque, la sorcellerie faisait l’objet de sanctions graves lorsqu’elle produisait des œuvres magiques destinées à nuire jusqu’à la mort.
La pratique de la Magie par la Sorcellerie devient à l’aube du Christianisme ou du Coran un « acte impur » visant à contraindre Dieu à n’être plus le seul Maître de ce qui doit Etre sur Terre. Le Sorcier devient alors proscrit et interdit d’en faire usage– officiellement – , ces actes interdits étant plus que jamais pratiqués en secret dans les campagnes et des lieux discrets en ville, car le praticien croit à une efficacité de la parole et du rite en soi et devient, dès lors, un redoutable adversaire pour la Foi Unique et étatique.

Des Croisades à la fin du Moyen-Age, le temps des bûchers et des exorcismes

Plus on évoluait dans les rituels ou les savoir-faire, plus la répression s’intensifia : période douloureuse, sévère, permissive à tous sévices et tortures, de 1250 au retour des Croisades lourdes en pertes humaines au nom de Dieu et de la dévotion religieuse à son comble, jusqu’à la redoutable Inquisition espagnole au 16ème siècle. Qu’un voisin vous cherche querelle, soit un peu Simple, ou héritier d’une chevelure rousse comme celle de l’Antéchrist, qu’une femme consulte une matrone accoucheuse en secret ? les voici aussitôt condamnés – peu ou prou de preuves – et traduits devant une cour sommaire avant d’être brûlés vif comme sorciers ayant pactisé avec les forces du Mal.

Le Nouveau visage de l’occultisme de la Renaissance jusqu’à Louis XIV

SorcellerieLa Renaissance et ses Lumières apportèrent une période bien plus déliée, reliant étrangement le pouvoir édifié et tout-puissant de l’Eglise Romaine et le raffinement extrême des poisons redoutables et indécelables, qui défirent bien des puissances en place dans l’Italie des Médicis et des Borgia. Sorciers et empoisonneurs furent alors mêlés en une vague de dépravation de la sorcellerie : dérive qui s’installa en France, en Espagne et en Angleterre jusqu’au début du 18ème siècle avec des répercussions dévastatrices pour la noblesse en place ainsi que la bourgeoisie aisée, et un véritable effroi s’insinua dans les mentalités : à peine osait-on manger sans être précédé d’un goûteur homme ou animal, porter une robe ou des gants qui ne soient pas enduits d’une substance délétère. La sorcellerie n’y gagna pas en adeptes y compris issus du peuple, effrayé des rumeurs issues de grandes villes, durant un siècle où l’on s’ingénia à faire périr plutôt qu’à guérir, ou détourner une influence jusqu’à ce que mort s’ensuive.
La célèbre formulation du « triple choc en retour » dans les pratiques à base de Magie Noire ne manqua pas d’ébranler les esprits et tourmenter ceux qui auraient pu être tentés d’ envoyer un parent ou rival six pieds sous terre !

Les pratiques ancestrales de retour en Sorcellerie

Dans un contexte de guerres, révolutions, et de nouvelles cohortes de peurs et de hantises quotidiennes, les actes obscurs reprirent finalement leur essor. L’Eglise paraissant impuissante à enrayer pertes d’argent ou de terres, famines, épidémies, on retrouva alors le sens de la Vie quotidienne et le goût des guérisseurs, sorciers habiles et débarrassés de leur sulfureuse réputation d’empoisonneurs : on reprit goût aux potions et aux sortilèges, rituels, incantations, port de talismans, amulettes, invocations, qui protègent et promettent bonheur, espérance, santé et longévité, même s’il faut, au passage, demander d’écarter un importun et de ruiner son commerce pour mieux faire prospérer le sien ! Il n’y a pas mort d’homme !.

Toujours et encore aujourd’hui : Sorcellerie à la vie, à la mort, pour que les Forces bénéfiques et maléfiques soient Equilibrées en ce Monde !

Le Magicien dispose d’une Force qu’il connaît, le Sorcier s’efforce d’abuser de ce qu’il ignore – – –-

Eliphas Lévi