La sorcellerie wicca

Cet article lève le voile sur la sorcellerie wicca, une pratique néo-païenne contemporaine répandue.

Éclaircissements sur la magie Wicca

sorcellerie wicca
Le Labyrinthe est l’un des symboles de la wicca

Comprendre la Wicca, la religion de la sorcellerie

Dans les années 50, la parution de deux ouvrages ésotériques « Witchcraft Today » (1954) et « The Meaning of Witchcraft » (1959), attise l’intérêt du grand public pour les pratiques occultes. Son auteur, Gerald Gardner y présente une nouvelle religion néo-païenne, qu’il élabore à partir des théories de l’écrivain et poète occultiste, Aleister Crowley, de pratiques ésotériques occidentales, et de travaux anthropologiques menés sur les anciennes religions païennes. Ces deux publications majeures lui valent d’être considéré, par beaucoup, comme le fondateur de la Wicca. Le mot proviendrait du nom qu’il donnait pour parler des sorcières qu’il avait pu approcher : « la Wica ».

D’où vient la Wicca ?

La Wicca est une doctrine de la pensée magique et spirituelle libre et universelle. Et bien que sa paternité soit couramment attribuée à Gardner, les origines de la sorcellerie wiccane continuent à faire débat, autant parmi les adeptes de la théorie que parmi les experts. Pour certains, cette religion, spécifique aux sorciers, serait une réminiscence d’un système de magie populaire d’origine britannique. Pour d’autres, elle doit s’inscrire dans une tradition de sorcellerie païenne qui aurait évolué au fil du temps et des pratiques. D’autres, encore, considèrent qu’elle trouve sa source dans le modèle proposé par la magie cérémonielle, fortement imprégnée des enseignements cabalistiques qui influencèrent les expérimentations occultes de l’époque victorienne. Une dernière théorie avance une pratique modernisée, ancrée, dans la tradition des grimoires de magie des siècles médiévaux. Nous ne percevrons peut-être jamais le secret de cette tradition ésotérique, qui finalement profite à tous les courants qui y sont liés, et plus particulièrement au Paganisme, à la Sorcellerie, à la Haute Magie, et autres traditions populaires telles que le chamanisme ou le druidisme. Ce passé, d’une immense richesse, explique, par ailleurs, la grande diversité des pratiques qui se sont développées au sein même de la croyance wiccane.

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La quête spirituelle de la Wicca

Les wiccans répondent à une quête spirituelle visant à l’épanouissement personnel sans nuire à autrui. Ils se veulent libres et tolérants, aussi, est-il courant que les pratiquants développent leurs propres pensées, et créent leur propre tradition sorcière qui nourrit à son tour la Wicca. Tous sont unis par un principe essentiel de respect des autres et un culte voué à une divinité double. Cette déité suprême est représentée par la Grande Déesse, et le Dieu Cornu, symboles complémentaires et ambivalents des forces de la Nature. La première, communément appelée Diane, Hécate, Aphrodite, Dame Blanche, ou Isis, incarne le Féminin absolu et éternel. Le second, Herne, ou Pan investit le monde de la mort et de la renaissance. Les deux pôles sont à l’origine de la puissance créatrice de l’univers. Une force surnaturelle qui place la nature au centre de tout. Celle-ci est un élément agissant, présent en nous, qui se définit par les lois qui le régissent, ses mystères, mais aussi toutes les beautés qui le composent : espèces animales, végétation et toute autre démonstration physique, spirituelle ou supra-naturelle de son existence. Ce caractère à la fois universel, immuable et animiste de la Wicca s’accompagne d’une croyance en la réincarnation et dans les lois de causes à effets prônées par le Karma. Il en résulte un respect total pour la Nature, bien sûr, mais également un respect très fort pour les morts, qui peuvent observer les vivants, et dont les wiccans mentionnent toujours le nom avec déférence.

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Les principes fondamentaux de la Wicca

La magie positive wiccane fait état de règles que chaque pratiquant doit s’approprier pour exprimer son appartenance à la doctrine sorcière. On retiendra :

  • un culte polythéiste voué à des Dieux et des Déesses,
  • une vie menée en harmonie avec les rythmes de la nature (phases lunaires, saisons et fêtes magiques wiccanes),
  • le respect et la protection de l’environnement,
  • la croyance en la réincarnation et l’animisme,
    la pratique des arts divinatoires,
  • l’accomplissement de nombreux rites durant la pleine lune,
  • l’invocation des forces naturelles,
  • une vie en accord total avec soi et la Terre nourricière,
  • une symbiose avec les lois de l’univers,
  • une philosophie pacifiste,
  • l’omniprésence de la magie, le rôle primordial de la nature et des quatre éléments (eau, terre, feu et air) dans le processus de vie de l’univers, et le lien qui les unit.

Être wiccan aujourd’hui ?

Les wicans modernes sont des sorciers polythéistes. Ils sont nombreux à exercer leur pratique dans le monde. Certains se rassemblent au sein de cercles de sorciers, les covens, et adoptent des pratiques wiccanes spécifiques à leurs congrégations occultes. La magie est, pour le wiccan, un acte très naturel. Il procède à des rituels et célébrations, à l’extérieur, pour se sentir au plus près de la Nature, et libérer plus efficacement toutes les énergies et les forces qu’elle contient. Guérison, divination, éloignement de mauvais sort ou d’entité négative, l’objet des cérémonies gravite autour de thématiques qui touchent tous les domaines de l’existence et peuvent être suivies de temps de discussion, d’échanges ou d’activités sur la nature, et se poursuivre par un repas entre sorciers. Un wiccan se sait responsable de ses actes, et lorsqu’il a recours à la magie, il en connaît les risques, et doit les accepter. Il veille particulièrement à ne pas déclencher ce que la Wicca appelle la loi du retour ou « triple choc retour ». Cette règle considère, que tel un effet boomerang décuplé, tout acte de magie induit inéluctablement des effets sur celui qui l’a initié, et ce dernier en subira, en retour, les conséquences, par un phénomène de triple amplification.

Devenir wiccan

Une initiation adéquate permet à tout un chacun de pratiquer la wicca. Dans les covens, une hiérarchie détermine, à travers des initiations rituelles de différents degrés, les aptitudes sorcières, les statuts et les prérogatives des pratiquants (wiccan néophyte, prêtre ou prêtresse, grand-prêtre ou grande-prêtresse). Mais dans la majorité des cas, les « aspirants wicans » développent une pratique solitaire en explorant leur spiritualité. L’apprentissage porte sur la prise de conscience des énergies présentes en nous, dans la Nature et dans les divinités. En l’absence de lignage initiatique, le pratiquant individuel devra apprendre et mobiliser ces forces combinées, en favorisant la méditation, la visualisation et la respiration pour augmenter sa concentration et se révéler aux arts secrets de la magie. Cette forme d’auto-initiation ne fait pas du candidat un sorcier accompli, mais elle a valeur de serment envers la Nature. Une manière de signifier que l’on se dévoue corps et âme à la Wicca et à ses préceptes magiques. Des rituels autour de la consécration de la Nature et de ses divinités, assorties d’une méditation profonde signeront ce vœu et marqueront le début d’une nouvelle vie dédiée à la sorcellerie Wicca. Seuls les efforts et la persévérance permettront, aux termes de longues années, d’être un sorcier wiccan. Le(la) futur(e) sorcier(-ère) se formera à sa nouvelle pratique en toute confidentialité. Les divinités qu’il choisira d’honorer ne pourront être révélées qu’à un autre sorcier initié. Cette règle du secret dans la pratique individuelle, explique qu’il y ait actuellement un très grand nombre de wiccans qui exercent leur sorcellerie sans que personne ne connaisse leur obédience. Prières quotidiennes, célébration de rituels, noms magiques, méditation… chacun utilisera les outils magiques d’apprentissage qui sont à sa disposition et qu’il jugera les plus bénéfiques à sa pratique, et consignera une trace de son itinéraire dans son Livre des Ombres.